GODDESS IN THE DOORWAY

1. Visions of Paradise

2. Joy

3. Dancing in the Starlight

4. God Gave Me Everything

5. Hide Away

6. Don't Call Me Up

7. Goddess in the Doorway

8. Lucky Day

9. Everybody Getting High

10. Gun

11. Too Far Gone

12. Brand New Set of Rules

Première parution : 12 novembre 2001

Durée CD : 56.47

L'histoire : l'affaire s'annonçait mal... Des rumeurs faisant état d'une collaboration avec Matt Clifford avaient tôt fait de nous affoler. Matt Clifford ? Mais si, le tâcheron responsable des nappes de synthé du Reunion Tour de 1989-90. A l'époque, on avait pardonné, tout à notre joie de les revoir sur une scène ensemble. Pardonné oui, mais pas oublié. Et de décréter «plus jamais ça !» Nous croyions en être débarrassé, du Matty-boy, puisqu'il ne faisait plus partie du marathon vaudou. Mais voilà qu'il menaçait de revenir polluer le quatrième album solo du Jag himself ! Nous décidions donc d'écarter cette vilaine rumeur d'un revers de la main. Le successeur de l'excellent "Wandering Spirit" ne pouvait qu'être parfait.

Deuxième étape: les guests se révélaient peu à peu et le claviériste fou n'était plus à l'ordre du jour. Bonne ou mauvaise chose, Mick avait fait appel à Lenny Kravitz, Pete Townshend, Joe Perry (un des Toxic Twin), Wycleaf Jean (producteur de musique de jeunes, ex-Fugees) et Rob Thomas (officiant au sein d'un groupe de jeunes, les Matchbox Twenty). Bon... Se souvenant que la dernière fois que Mick s'était entouré de pointures avait eu pour résultat "She's The Boss", nous attendions d'entendre avant de nous prononcer.

L’affaire se corse lorsque trois titres circulent sur la Toile : le single God Gave Me Everything, Visions Of Paradise et Everybody Getting High. Le son est de mauvaise qualité. Mais suffisant tout de même pour refroidir cruellement l'assistance. Du coup, nous attendons la suite avec une impatience toute relative. Où est Jimmy Rip ? Où est l'esprit errant ? Remplacés par Matt Clifford, dont la présence est maintenant confirmée. On entend enfin le single en radio. Plutôt pas mal, titre rock. Mais bon, Jagger qui bastonne un rock linéaire à 58 balais, quoi de neuf sous le soleil ? La sortie de l'album est repoussée et toujours aucune trace d’aucun autre titre sur le net... Le single sort enfin, couplé avec un inédit, Blue, et une version instrumentale de Goddess In The Doorway. Plutôt prometteur. D'autant que cet inédit est d'une meilleure tenue que la "face A" de l'objet.

L'affaire est dans le sac quand, deux jours avant la sortie, on le trouve enfin sur le réseau. Son normal, presque complet (il manque le dernier titre). On se pose, on écoute, sur la chaîne hi-fi. Ça commence avec ce titre qu'on avait trouvé trop dégoulinant de violons, Visions Of Paradise, qui sonne plutôt bien dans le fond, très "catchy", et qui sera d'ailleurs le deuxième simple. Joy ensuite, le duo avec Bono. Là aussi, ça tient la route. Dancing In the Starlight, ballade up-tempo, remplit son office sans problème. God Gave Me Everything apparaît tout compte fait comme le maillon faible, avec Everybody Getting High. Au revoir ! Puis Hide Away, excellent tribute à la musique de jeunes d'aujourd’hui, et le morceau titre, qui remporte la palme de meilleur chanson de l'album. Un rock éthéré, aux paroles obscures, du bon Jagger, enfin ! Les trois inévitables ballades jaggeriennes sont sans intérêt : Don't Call Me Up, Too Far Gone et Brand New Set Of Rules. On zappe ! Restent Lucky Day et Gun. La première est une nouvelle incursion dans les sonorités "modernes", pas inintéressante et qui rappelle un peu l'excellent (si si...) Sweet Thing ; la seconde un rock bien plus inspiré que le Kravitz, bastonné par Pete Qui. Enfin, pour la bonne bouche, on trouve sur le Net un titre bonus qui sortira en "face B" de "Visions Of Paradise", If Things Could Be Different. Une chouette ballade acoustique up-tempo qui aurait bien remplacé Too Far Gone, au hasard...

Au final, qu'avons-nous dans les mains ? Une galette loin, très loin d'être aussi habitée et inspirée que "Wandering Spirit", mais tout de même meilleur que les deux premiers opus. Pas difficile diront certains. C'est vrai, mais on a frôlé la catastrophe... "Goddess In The Doorway" est bel et bien un album de Mick Jagger, un disque qui lui ressemble finalement assez. Commercial ? Oui, et alors ? Mick est commercial ! Il ne cède pas à toutes les modes, contrairement au mauvais procès qu'on peut lui faire ici ou là. Il les suit, tout simplement, en faisant la musique qu'il aime. "Wandering Spirit" était un disque de guitariste (Jimmy Rip). C'est sans doute ce qu'il manque à cet opus, quelques titres de la trempe de Wandering Spirit (le morceau) ou Wired All Night. On s'en contentera, même si l'épreuve du temps a rangé ce CD aux côtés de ceux qui restent sous la poussière, pour la collec'.

Goddess