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Etrange et merveilleux objet que ce coffret 4 DVD. Ou comment tenter – et réussir – à faire le joint entre le grand public, celui qui se presse pour écouter Satisfaction en stade, et les fans plus “pointus”, ceux qui ont vendu leur âme au diable pour assister à un concert en club. En effet, la quasi-intégralité de trois shows de la tournée Licks est aujourd’hui accessible au plus grand nombre : celui du Madison Square Garden de New York le 18 janvier 2003, celui du stade de Twickenham de Londres le 24 août 2003 et celui de l’Olympia de Paris le 11 juillet 2003. Trois concerts, dans trois types de salles différents certes, mais qui n’évitent pas Brown Sugar et Honky Tonk Women en triple, Street Fighting Man, Sympathy For The Devil, You Got Me Rocking, (I Can’t Get No) Satisfaction et Jumpin’ Jack Flash en double. Ces redondances pourront sembler bizarres au public non averti qui va se demander pourquoi on lui vend des titres en triple… Nous autres initiés savons que Street Fighting Man en ouverture du MSG est différent du Street Fighting Man joué sur la petite scène du stade de Twickenham. Et c’est là qu’est la force de “Four Flicks” : avoir su reproduire plutôt fidèlement le concept du Licks Tour.

SHOWS DEVANT…

Il est un peu dommage que le concert choisi pour illustrer l’arena soit celui du MSG diffusé sur HBO, car tout le monde l’a déjà celui-là. D’un autre côté, pourquoi ce décarcasser à monter un autre concert alors qu’on en a un tout prêt sous la main ? Mais la qualité de la diffusion télé - et a fortiori des copies qui circulent, même en DVD bootleg - est enfoncée par ce master. L’image est tout simplement sublime et les contrastes font ressortir les couleurs souvent flashies des tenues de Jagger et Richards. Les trois concerts sont à l’unisson niveau qualité visuelle et sonore. Le choix proposé entre le Dolby Digital 5.1 et la stéréo PCM (non compressée donc) permet d’avoir un aperçu de l’évolution que semble vouloir prendre la hi-fi. Le multicanal, c’est indéniablement génial pour un film à gros effets. Pour un concert, c’est affaire de goût. La piste stéréo est très efficace, avec une excellente dynamique malgré un public un poil trop présent. La piste 5.1 relègue le public à l’arrière et répartit les intruments de manière un peu artificielle sur la scène sonore avant. L’effet obtenu est curieux, ce sera à chacun de choisir selon ses préférences. Le mixage respecte en tout cas parfaitement la balance entre les guitares et on entend Ron Wood comme jamais. Et ce qui nous avait marqué in situ ce confirme : il joue vraiment bien sur cette tournée. Un bémol technique tout de même : la navigation des DVD se révèle assez laborieuse. On ne peut ainsi pas changer de piste son à la volée, et lorsque l’on repasse par le menu, le film reprend au début. Pas top… Hormis les titres manquants, les setlists des trois concerts sont restituées dans l’ordre et sans aucune retouche. Un rêve… On peut ainsi goûter aux pains divers et variés qui ne manquent pas d’émailler les trois shows. Et se rendre compte que celui qui se plante le plus n’est pas forcément le Ronnie que l’on croit…

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SUR LE BOUT DE LA LANGUE
Côté bonus, c’est royal. Le documentaire principal, “Tip Of The Tongue”, s’attarde pendant une bonne heure sur les préparatifs du Licks Tour, du dirigeable à Central Park au concert du Fleet Center de Boston. Le point d’orgue est sans conteste les images tournées au studio Guillaume Tell de Suresnes sur lesquelles on voit les Stones travailler Don’t Stop, Keys To Your Love et Losing My Touch. One+One…+One Again ! C’est trop court, mais qu’est-ce que c’est bon ! Deux autres grands moments : Slave (!) jouée en répétition à Toronto et Worried About You sur la scène vide du Gilette Stadium de Boston, où Mick est rejoint peu à peu par les autres Stones qui “passaient par là”. Probablement scénarisée, cette séquence n’en est pas moins trippante.
Les concepteurs de ce documentaire ont en tout cas eu un “all-access pass”, ce qui fait tout l’intérêt de la chose. On peut ainsi voir quelques images de Cocksucker Blues, du concert de Knebworth en 1976, et surtout toutes les étapes de la préparation d’une tournée mondiale des Stones vues de l’intérieur. Un très grand moment…
Le deuxième documentaire, “Licks Around The World”, retrace sur une vingtaine de minutes le parcours du groupe en différents endroits du globe. Un peu plus “promo” que le précédent, ce film n’en reste pas moins intéressant, avec des images de la tournée en Inde, à Prague, à Londres… Ponctuées d’interviews des quatre Stones, ces images démontrent, s’il en était besoin, à quel point ils sont mondialement adulés. Autre petit docu “promo”, un court reportage sur le festival de Toronto donné fin juillet pour lutter contre le SRAS.

INTERACTIF ET INEDIT
La troisième partie des bonus, intitulée Bootlegs, permet de voir Beast Of Burden, You Don’t Have To Mean It, Rock Me Baby et Bitch au Wiltern Theatre de Los Angeles enregistrées le 4 novembre 2002, I Can’t Turn You Loose au Cirkus Krone de Munich enregistrée le 8 juin 2003, et deux jams instrumentales inédites filmées au studio Guillaume Tell de Suresnes, Extreme Western Grip et Well Well. Outre le plaisir d’être le témoin d’une jam des Stones en studio, ces deux derniers titres sont anecdotiques sur le plan musical.
Du côté de l’interactivité, on est gâté. Chaque concert peut être vu avec ou sans les commentaires et le backstage pass. Les commentaires sont accessibles en pressant la touche Enter quand s’affiche un message en bas de l’écran. Ils sont issus de l’Electronic press kit (EPK) réalisé pour la sortie de “Forty Licks”. Une fois l’interview regardée, le film reprend à l’endroit où on l’avait arrêté. L’option backstage pass insère des plans des coulisses signalés par une langue en mouvement. Lorsque l’option est activée, ces plans se subsituent à ceux des concerts. Dans la partie Select a Stone, chaque Stone a une caméra sur lui et cinq vignettes apparaissent sur le côté gauche de l’écran (une pour chacun et la cinquième pour le montage initial). On peut donc regarder les titres en choisissant le Stone que l’on veut. Amusant. Les traditionnels making of ne sont pas oubliés. On découvre ainsi les coulisses de la diffusion télé sur HBO et la fièvre qui a entouré le concert de l’Olympia. Enfin, trois mini docs de deux à trois minutes sont répartis sur les trois disques des concerts : Sheryl Crow and the Rolling Stones, Solomon “The Rev.” Burke et AC/DC and the Stones. Comme leur titre l’indique, ces docs retracent les différentes rencontres des Stones avec ces trois artistes au fil du tour.
Au final, “Four Flicks” ne déçoit pas. On passe un excellent moment et les heures passées à en faire le tour combleront tous les fans.

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Les titres en moins
* Madison Square Garden : Start Me Up, Tumbling Dice, Gimme Shelter, Jumpin’ Jack Flash
* Twickenham : Don’t Stop, Happy, Start Me Up
* Olympia : It’s Only Rock’N’Roll (But I Like It), Rip This Joint, Tumbling Dice

Bonus & surprises
* Select a Stone sur Honky Tonk Women, Angie, Monkey Man (MSG)
* Backstage Pass sur Brown Sugar, Rocks Off, Wild Horses, Slipping Away, Sympathy For The Devil, Gimme Shelter, (I Can’t Get No) Satisfaction (Twickenham), Start Me Up, Neighbours, Everybody Needs Somebody To Love, That’s How Strong My Love Is, Before They Make Me Run, Love Train, Respectable, Brown Sugar (Olympia)
* Commentaires sur Street Fighting Man, Happy, It’s Only Rock’N’Roll (But I Like It) (MSG), Gimme Shelter, (I Can’t Get No) Satisfaction, Sympathy For The Devil (Twickenham), Start Me Up, Honky Tonk Women, Jumpin’ Jack Flash (Olympia)

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